14.6 C
Paris
RoulerSortie véloAlimentation liquide ou solide durant une sortie vélo ?

Alimentation liquide ou solide durant une sortie vélo ?

C’est la question éternelle qui divise le peloton, de la sortie du dimanche entre potes au départ d’une étape du Tour de France. Vous avez déjà vécu ce moment terrible où, après 3 heures de selle, plus rien ne passe ? Ou inversement, cette sensation de lourdeur dans l’estomac alors que vous devez attaquer un col à 10% ?

Le choix entre alimentation liquide et solide n’est pas qu’une affaire de goût, c’est une science. En tant que cyclistes, nous ne sommes pas de simples machines à pédaler, nous sommes des usines chimiques qui transforment le glycogène en watts. Que vous soyez un adepte du Gravel en bikepacking ou un chasseur de KOM sur Strava, la stratégie nutritionnelle est le “marginal gain” le plus accessible.

La physiologie de l’effort : pourquoi faut-il manger en roulant ?

Avant de choisir entre le bidon et la poche arrière du maillot, il faut comprendre ce qui se passe sous le capot. Le corps humain stocke de l’énergie sous deux formes principales : les graisses (lipides) et les sucres (glucides).

Pour un effort de faible intensité (zone 1-2), votre corps brûle majoritairement des graisses. Mais dès que la pente s’élève ou que le rythme s’accélère (au-dessus du seuil aérobie), les glucides deviennent le carburant prédominant. Le problème ? Nos réserves de glycogène (hépatique et musculaire) sont limitées. En moyenne, un cycliste possède environ 90 minutes à 2 heures d’autonomie à bonne intensité avant la panne sèche : la fameuse fringale.

L’objectif de l’alimentation à vélo est donc double :

  • Préserver les stocks de glycogène existants.
  • Apporter du glucose exogène directement utilisable par les muscles.
  • Maintenir l’hydratation et l’équilibre électrolytique.

La grande contrainte est digestive : lors d’un effort intense, le sang quitte l’estomac pour oxygéner les muscles des jambes. La digestion ralentit, augmentant le risque de troubles gastriques. C’est ici que le match Liquide vs Solide commence.

L’alimentation liquide : la performance pure et l’hydratation

L’alimentation liquide consiste à diluer des glucides (souvent un mélange de maltodextrine et de fructose) et des électrolytes directement dans vos bidons. C’est la méthode privilégiée par beaucoup de pros sur les étapes nerveuses.

Les avantages du liquide

Le principal atout est la vidange gastrique. Une boisson isotonique bien dosée quitte l’estomac beaucoup plus vite qu’un aliment solide. Le sucre arrive dans le sang en un temps record, évitant les pics d’insuline trop violents si la prise est régulière.

De plus, elle fait d’une pierre deux coups : vous vous hydratez tout en vous nourrissant. C’est crucial en été où la déshydratation entraîne une baisse drastique de la performance (2% d’eau en moins = 20% de performance en moins).

Les limites du “tout liquide”

Sur des efforts très longs (Ultra-distance, brevets de 200km+), le liquide pose un problème psychologique et physiologique : l’absence de mastication. La sensation de satiété est moindre. De plus, il est difficile d’atteindre des apports très élevés (90g de glucides/heure) uniquement par la boisson sans risquer d’écœurer le palais ou de créer une boisson hypertonique qui “pompera” l’eau de votre corps vers l’intestin, causant des diarrhées.

L’alimentation solide : satiété et réconfort pour le long cours

Barres énergétiques, bananes, gâteaux de riz maison, ou même petit sandwich au jambon pour les adeptes de l’ultra : le solide reste une valeur sûre.

Les avantages du solide

Mâcher envoie un signal de satiété au cerveau. Sur une sortie de 4h ou plus, avoir quelque chose dans l’estomac cale le cycliste et évite la sensation de faim creuse. Le solide permet aussi de varier les plaisirs et les textures, ce qui est essentiel pour le moral lors des longues épopées en VTT ou en Gravel.

De plus, certains aliments solides permettent une libération d’énergie plus diffuse (index glycémique moyen), idéale pour lisser l’apport énergétique sur la durée.

Les inconvénients du solide

La digestion est plus complexe. Manger une barre céréalière dense en plein effort au seuil (seuil lactique) est la recette parfaite pour un point de côté ou des nausées. La mastication perturbe aussi la respiration lors des efforts intenses. Enfin, il faut lâcher le guidon, ouvrir l’emballage… une gymnastique parfois périlleuse en peloton ou sur un singletrack technique.

Gels énergétiques : le faux ami ?

Situés à mi-chemin, les gels sont des concentrés de glucides. Techniquement, c’est du liquide visqueux, mais physiologiquement, ils sont souvent hypertoniques. Attention : un gel doit toujours être consommé avec une bonne gorgée d’eau claire pour faciliter son assimilation. Sans eau, le gel stagne dans l’estomac et attire les fluides, provoquant des crampes d’estomac. Ils sont parfaits pour un coup de fouet avant un sprint ou un col, mais ne devraient pas constituer la base unique de votre alimentation sur 5 heures.

Comparatif technique : Matériel et Nutrition

Pour y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif pour vous aider à choisir selon votre profil de cycliste :

CritèreAlimentation LiquideAlimentation SolideGels Énergétiques
AssimilationTrès Rapide (10-15 min)Lente (30-60 min)Rapide (15-20 min)
Risque digestifFaible (si isotonique)Moyen à Élevé (selon intensité)Élevé (si pris sans eau)
Usage idéalHaute intensité, ChaleurEndurance, Ultra, FroidFinal de course, Cols
Type de glucidesMaltodextrine + FructoseAvoine, Fruits, RizSirop de glucose
HydratationExcellenteNulle (nécessite de boire)Négative (nécessite de boire)

Quelle stratégie adopter selon votre pratique ?

La réponse à “”liquide ou solide”” n’est pas binaire, elle est contextuelle. Voici mes préconisations d’expert pour 2026, basées sur les dernières recherches en physiologie.

1. Sortie courte et intense (Critérium, CLM, < 1h30)

Stratégie : 100% Liquide ou rien.
Si vous avez bien mangé avant, vos réserves suffisent. Un bidon d’eau ou de boisson électrolytique légère suffit. Le solide est inutile, voire contre-productif car il n’aura pas le temps d’être digéré pour fournir de l’énergie.

2. Sortie Moyenne (Club, Cyclosportive, 2h à 4h)

Stratégie : Mixte (Base liquide + Appoint solide).
Démarrez avec une boisson isotonique qui vous apportera 30 à 40g de glucides par heure. Complétez toutes les 45 minutes avec une petite barre de céréales ou une pâte de fruit. Cela permet de garder l’estomac actif sans le surcharger.

3. L’Ultra-Distance et le Gravel Long ( > 6h)

Stratégie : Priorité au Solide et au “Vrai”.
Sur l’ultra, le sucre écœure. L’alimentation liquide finit par attaquer les dents et l’estomac. Il faut intégrer du solide, et même du salé (oléagineux, sandwichs pain de mie, pommes de terre). Le liquide sert alors principalement à l’hydratation (eau + électrolytes).

Les nouvelles tendances de 2026 montrent d’ailleurs un retour aux aliments bruts dans le peloton pro pour les débuts d’étape (rice cakes), réservant les technologies (hydrogels) pour le final.

Les erreurs classiques à ne pas commettre

  • Le test jour J : Ne testez jamais une nouvelle marque de barres ou de poudre le jour de votre objectif. Votre flore intestinale doit être habituée.
  • La saturation : Ingérer plus de 90g de glucides par heure sans avoir entraîné son estomac (Gut Training) est inutile. Le corps ne peut pas l’absorber, cela finira en ballonnement.
  • Oublier le sodium : En été, boire uniquement de l’eau claire avec des barres sucrées peut conduire à l’hyponatrémie. Vérifiez que vos barres ou boissons contiennent du sel.
  • Attendre la faim : Si vous avez faim, il est déjà trop tard. La fringale est enclenchée. Mangez par petites bouchées dès la première heure.

Conclusion : La combinaison gagnante

Alors, alimentation liquide ou solide ? La réponse est : les deux, mais au bon moment. Pour schématiser : plus l’intensité monte (watts élevés, rythme cardiaque haut), plus la part de liquide doit être importante. Plus l’intensité baisse et la durée s’allonge, plus le solide reprend ses droits.

Votre mission est de tester ces combinaisons à l’entraînement. Apprenez à écouter votre corps. Peut-être tolérez-vous mal la maltodextrine ? Peut-être que les bananes vous donnent des brûlures d’estomac ? Chaque cycliste est unique.

Florian
Florian
Passionné de cyclisme et d'aventure à vélo, je vous donne tous mes conseils pour vous accompagner dans votre pratique du vélo que ce soit sur l'entraînement, la préparation, l'équipement. Egalement pratiquant d'Ultra distance en compétition, je vous partage tous les conseils nécessaire pour l'apprentissage de l'ultracycling. Et pour bien vous préparer je vous partage mes itinéraires préférés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

SUJETS ASSOCIES

LES DERNIERS ARTICLES